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Frimas +

Le froid m’a recouverte de son paletot
Je grelote et je me fige dans mon château
Qui n’est ni d’eau ni de cartes mais de sable
Quelque part en Espagne branlant peu stable

Habillée de misère pour l’éternité
Avec un manteau honnêtement hérité
Du dénuement et aussi de la pénurie
Je vais faire des envieux dans la confrérie

Des pouilleux des gueux et aussi des va nu pied
Auxquels un raffinement si dépouillé sied
Souffler sur mes doigts rougis réchauffe mon cœur
Ferme mes oreilles au vent et toutes les peurs

Renaissent parmi celle de dégringoler
Dans un caniveau en chutant toute gelée
Convoquer sa mort est signe d’opulence
L’appeler dans ses vieux jours est l’exigence

D’une vie pleine de combats inutiles
Que l’orgueil n’a jamais souhaité faciles
Mourir dans un ruisseau mourir dans des draps blancs
N’est-ce pas quitter le monde en s’effaçant

Et vouloir laisser de sa vie une trace
Est une absurdité travestie d’audace
L’humanité continuera de se faire
Avec ou sans moi ce n’est pas mon affaire



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