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Souffrez que j’expose, prophétesse Sibylle,
Une de mes affres un tantinet flébiles.

Si ma requête peut paraître un brin ballot,

Puis-je au moins ouïr de votre bouche savante
Ces divinations qui me semblent délirantes :

« Ibis redibis non morieris in bello ! » (*)

Obscures paroles d’une langue si belle,
Prêtresse d’Apollon, servante de Cybèle,

J’ose poser question, moi, piètre bellot :

Comment m’assurer que votre cri ne jugule
Le souffle de ma vie, en plaçant la virgule ?

(*) La phrase latine prononcée par Sibylle présente deux aspects :
Si la virgule est placée avant le « non », il faut lire : « Tu iras, tu reviendras, tu ne mourras pas en guerre »
Si la virgule est placée après le « non », il faut lire : « Tu iras, tu ne reviendras pas, tu mourras en guerre », d’où le sens sibyllin du texte.



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