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Je deviens hurleur lorsque souffle la tempête

Je suis un marcheur fou funambule dans la nuit
J’avance à pas perdu devant le projecteur lunaire
Sur le mince fil de ma vie le lien entre naissance
Et le moment ultime fin de la marche insomniaque
Ou toutes les secondes pendule secouent de sensations
L’oscillateur à boule de quartz marque le temps
Le temps, le temps est comme le vent capricieux
Il passe de caresse lascive sensuelle alanguie
À folle bourrasque enivrante selon ses fantasmes
Et devient même hurleur d’extase dans la tempête
Il nous pousse dans tous nos sens aphrodisiaques
Son cri transperce l’épiderme au troisième degré
Ou mes souvenirs s’éclaboussent en ombre chinoise
Sur le drap de lit écran d’amour silhouette nuptial
Projection de ma dernière nuit bleue romanesque
Folie ivresse marcheur fou funambule en noir blanc
Je marche à tâtons devant le filament de lumière
Cherchant l’interrupteur pour arrêt sur image
Voulant fixer la pellicule juste un instant un temps
Pour revoir ta silhouette ton ventre pleine lune
Caresser l’enfant en toi comme cheval de Troie
La folie intérieure qui navigue créant douce tempête
Remous de souvenance vague de plaisir charnel
Empreinte mémoire de ma main qui frôle ton sein
Frissonnement tourmente interne capter immobile
Arrêt volontaire de la marche suspendre toute respiration
Mer astrale calme sans écumes se laisser bercer sur le fil
Berceuse lancinante souvenir d’enfance quiétude
La tête sur l’oreiller regard mélancolique inquiet

Ton ventre gonflé rempli de larmes tremble au matin
Pour répandre gouttelettes de rosée sur le drap blanc
Son cri hurleur transperce le voile tendu entre toi et moi
Réinvente les pages une à une de notre arbre généalogique
Tu libères un autre marcheur fou funambule dans la vie
Ta respiration marque doucement la mesure douce accalmie

Et je deviens muet lorsque s’essouffle la tempête…

Michel Jetté – Hurleur muet…
image: pinterest.com



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