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Souvent, quand je médite, au temps passé
Aux jours heureux et aux jours tristes
À celui-ci, qui vient tout juste de trépasser
Et que sa nuit longue s’est avisé très vite,

Surgissant dans mon jardin pour dissimuler ses cieux
Quand ma voisine s’exhibe le soir dans sa robe satinée
Qui ne finit d’ébaucher son ange gardien gracieux
Avec une discrétion soumise dans un regard laminé.

Suis-je, cet imprudent qui parvient, à elle, trempé
Par la rosée confuse où s’hume de son jardin la rose
Loin des tavernes où les ivrognes sont déjà lampés
Leur ultime quart de cep en valse d’une nuit morose.

Le temps qui me traque. Et ma rose avide s’excite
À l’instant où le rythme de mes sentiments se réunit
Et que je frémis par mon âge erré qui me dépite
Devant les acnés qui naissent aux tigelles brunies

Téméraire que je suis et qui ne pourra être
Ton voisin, loin de tes pénates, de tes yeux qui forent,
La buée et la tenture blanche de ta fenêtre,
Pour guetter ma silhouette à partir de tes volets clore.

Par cette nuit de décembre où le froid qui cambre, (83)
Mon corps, visible à ma silhouette vacillante en silence
Enivré de l’amour dont je ne veux taire et fendre (84)
De mon cœur si frêle à vouloir t’aimer en ton absence.

J’ai réveillé en moi la faculté d’admirer avec égards,
L’icône à qui je veux offrir un printemps en automne.
J’ai réveillé en moi le passé préservé et l’étendard,
Que j’épaule ! À lui parler de mes soirées monotones.

Je reviens à mon havre épris, où j’ai perdu l’amour,
Que je découvre exquis, pétillant, plein de grâce.
Il est là ! Je le vois alerté, attardant son troubadour,
Pour l’accueillir et l’associer à son cœur sagace. (85)

Relizane 04 Décembre 2008
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83 Cambre : Qui courbe
84 Fendre : Séparer
85 Sagace : Lucide



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