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Nous allions aux beaux jours regarder le rivage
et contempler longtemps le vol des goélands
les vagues rejetaient l’écume sur la plage
mes yeux te rèvaient comme songe un enfant

Puis seuls dans la nuit, assis face aux étoiles
j’osais quelquefois soulever mes damnations
j’espérais qu’effleurant les contours du voile
tu comprendrais enfin ce qu’étaient mes lésions

aurais-tu pu me parler ainsi de ton âme
toi, si fragile au bord de tes hésitations
si la fraîcheur de tes lèvres savait calmer ma flamme
pudique, tu gardais pour toi tes passions

Souviens toi les lumières de Paris en été
et ces jongleurs habiles près de la place Pigalle
le café que nous prenions à l’aube, fatigués,
ravis de traverser ce calme vespéral

Puis aussi les odeurs de la seine radieuse
reflétant les nuages pour notre seule vision
tu m’avouais ce temps là voir la vie délicieuse
pouvais-je prévoir qu’existait l’érosion

C’est devenu si loin que ma mémoire oublie
les milles petits détails qui parrainaient l’amour
pourquoi n’ai-je pas compris lorsque tu es parti
qu’une époque heureuse ne veut pas dire « toujours »

vingt années ont passées et je te pense encore
ma vie depuis ce temps a vécu d’autres hiers
ma jeunesse s’enfuit en laissant le décor
d’un théatre brisé que recouvre les hivers

mais j’espère bien un jour te croiser dans la rue
même si un autre s’éclaire à la lueur de tes pas
souviens toi te dirais-je ce que l’on a vécu
les mots qu’on murmurait ne les pensions nous pas?



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