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Intouchable

Je marche.
Des milliers de regards me traversent, m’évitent.
L’œil du monde est aveugle.
Moi.
Les yeux en bandoulière,
Comme un appareil photo,
Je flashe.
Douceur d’un visage,
Souplesse d’une silhouette,
Elégance d’un geste.

Regards apeurés qui refusent d’accrocher les corps.
Rictus d’arthrose ou de dégoût.
Chocs, frôlements, évitements,
Sourire qui flotte vers son rêve.
Gesticulation sémaphore.
Pour qui, pourquoi ?
Le monde bouge !
Grouillement de fourmis.
Pourtant tout est si lent.
Rien ne change à l’échelle du cosmos.
Presque immobile,
Les hommes.

Des dos se courbent,
D’autres se redressent.
Mais toujours cette distance infime,
Entre les peaux.
Presque entremêlés les corps,
Presque.

Le fil de mon regard se casse.
Tu t’en vas.
Toi et ton inquiétude,
Toi et tes bras rassurants,
Toi océan calme et bleu,
Toi et tes abysses insondables,
Et tes vagues,
Jamais n’atteignent une grève,
Où apaiser tes bouillonnements.



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