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Elle avait des yeux bleus
deux ou trois, je crois bien,
une bouche sous le nez
des narines sans moustache
un grand front étonné
des rides carcérales
Elle n’osait plus bouger
son âme trop exténué
Elle avait des mains fines
de pianiste, je crois bien,
elle n’avait pas de piano
elle ne savait pas en jouer
Elle avait des petits pieds
surement fait pour marcher
mais qui ne voulaient plus le faire
la fatigue, je crois bien…
Elle n’était plus très mince,
le temps l’avait tassé
elle se souvenait très mal
de ses prochaines années
Elle ne reconnaissait plus
ni les uns ni les autres
c’est dans une vague mourante
que partaient ses journées
Elle ignorait ma présence
trop de flou, je crois bien,
moi, je me souvenais d’une autre
dans les ombres du lointain
je l’avais surement connu
mais pas dans ce rôle ci
c’est dans ces moments là
qu’on se revoit petit
Elle avait une jolie chambre
toute blanche immaculée
et des tuyaux l’aidaient
a passer de l’autre coté
elle était allongée
pas vaillante, je crois bien,
mais peut-être révait-elle
à un ciel constellé
Et puis un matin morne
de ceux que l’on déteste
elle s’est enfuie de là
par la porte, je crois bien,
celle de l’éternité
qui fait qu’on oublie pas
le regard des vivants
passant de lit à trépas
Et à m’en souvenir
au risque de me tromper
c’est à cet instant là
que j’ai su me rappeler
qui était cette femme
transformée en gisant
et pleurant, je crois bien
que je l’ai appelé « maman »….



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