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Je ne vous oublie pas,

Oublier vos prénoms serait vous offenser
Vous faire croire un instant que je veux effacer
Le roman d’une vie, qui déroule ses pages
Quelque part cependant, s’estompent les images.

Alors vous entrouvez les albums de photos
Me montrant des bébés, par ailleurs des marmots
Des enfants juste nés qui sont devenus hommes
Mais la femme à côté, qui donc est-elle en somme ?

Mon Dieu qu’elle était belle, qu’est-elle devenue ?
Et je vois dans vos yeux une infinie tristesse,
Qu’ai je dit en l’instant qui soit si malvenu ?
Alors que vous avez pour moi tant de tendresse

Un de vous se détourne, une larme a coulé,
J’entends dire maman, j’entends dire mamie,
Un petit ange blond, tout près de moi sourit,
Je lui souris aussi, sans savoir qui il est.

Et plus les jours avancent, plus ma mémoire fuit
Je n’ai plus d’espérance, encore moins d’envie
J’ai perdu peu à peu, le fil de mon histoire
La faute au malandrin qui a pris ma mémoire.

J’entrouvre ma fenêtre, je la cherche mais en vain
Ma vie n’est plus qu’un vide, je ne reconnais rien
Tout bouge autour de moi, mais je reste stoïque
Avec dans mes pensées une même musique.

S’il en était ainsi, enfants, pardonnez-moi
Vous savez mon amour, vous êtes tout pour moi
Je préfère m’endormir, sans plus me réveiller
Que de vous laisser là, comme des étrangers.

Danièle Labranche



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