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Je te laisse la nuit et sa fièvre inutile
Le lourd galop du sang au croisement des pluies
L’ombre qui ne retient que l’écume du vent
Les yeux qui fuient la neige sombre de ta peau

Je te laisse les mots qui cognent aux falaises
Et se brisent en croyant ne plus jamais y croire
Je te laisse une larme oubliée sur la table
Au fin fond d’un bistrot sous la menue monnaie

Je te laisse la fronde amère des vaincus
La soif qui n’attend plus la promesse de l’eau
L’heure vive accroupie au pied d’un escalier
La plaie d’une avenue ouverte sous tes pas

Je te laisse le temps qu’il reste avant l’aurore
La plainte d’un soleil levant qui voudrait bien
D’autres points cardinaux pour vivre ses bohèmes
Que les villes qui brûlent et l’odeur des charniers

Je te laisse la trouble vanité de l’orage
Et la lucidité que l’ivresse ravaude
Avec des souvenirs de sable et de marée
Je te laisse le chant que déploient nos silences



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