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JETER

S’il faut jeter un sort, ce sera sur ma dame,
J’y mettrai des colliers, des jupons et des fleurs,
Pour chasser les ennuis, les démons et les pleurs,
Dans un vaudou feutré où s’épingle ton âme.

S’il faut jeter l’éponge et perdre la bataille,
Ce sera post mortem, par le fer et le sang,
Après force combats contre des feux de paille.
Mon amour meurt aussi plutôt qu’il ne se rend.

S’il faut jeter la pierre en lançant la première,
J’enverrai des rubis, des chatons et des cœurs,
Pour chasser ton trésor dans des champs de lumière :
Dieu taille des cailloux à   lapider les peurs.

S’il faut jeter les yeux, ce sera sur tes formes,
J’y verrai des Carmen, des Manon et leurs sœurs,
Pour masquer le vernis, le mouron et la norme,
Nul ne m’enlèvera mon regard de voyeur.

S’il me faut jeter l’ancre au bout de mon voyage,
Je prendrai des voiliers, des galions et des boutres,
Quitte à faire naufrage et finir à   la nage.
Car ce jour-là je n’en aurai plus rien à   foutre,

S’il faut jeter un manche après quelque cognée
Et mettre la charrue avant les bœufs des lois,
Je deviendrai l’adolescent de tes émois,
Pour un premier amour au bout de tant d’années.

S’il faut jeter ma gourme au nez du crépuscule ,
Comme un enfant trop mûr pour découvrir la pomme.
Sois ma frasque intrépide et ma chaise à  bascule,
Pour glisser sous ton ventre et devenir un homme!



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