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Si longs les jours sans pain, plus longs les jours sans toi …
Sans savoir jamais si c’est carême ou famine !
Pas près de me serrer la ceinture d’hermine,
Ni à manger ta main sans te mordre les doigts …

Si lourd le cheval mort, plus lourd après l’amour,
Fourbu de sa bataille et pourtant ithyphalle,
Je te recommencerai dans ma faim cannibale,
Moins dompté que dressé sous ta main de velours.

Si simple le bonjour, plus simple la nuit blanche,
À ne pas nous quitter, ni du corps, ni des yeux,
À passer uniment de lundi à dimanche,
Sans le moindre au revoir, sans connaître l’adieu.

Si malade le chien, plus malade Lama,
Quand j’attends des pavés, des parquets et des sols,
La sainte délation du moindre de tes pas,
Qui te conduit à moi ou qui part au Shéol.

Si rouge la pivoine et plus rouge l’aurore,
Quand le matin me tend ton bras qui dort encore.
Veux-tu me laisser poindre à l’orient de tes songes,
Avant tes ablutions et avant ton éponge ?

Si connu le loup blanc, plus connus les amants,
À cause de la pomme, à cause du serpent.
Quand ton ventre fendu n’est qu’un fruit défendu,
Je ne regrette pas le paradis perdu.

Si solide le roc, plus solide ton âme,
Ce que c’est d’assouvir, ce que c’est d’être femme,
De Brassens à Voulzy, mon hôtesse et ma Jeanne,
Et bien plus qu’un rempart lardé de barbacane.



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