Partagez

Je m’encoquille, je restitue le temps
Ma chambre ouverte plonge
L’absinthe de son regard
Sur les Brésils de mon enfance
Une douceur abrupte prolonge
Cet état…
Je m’encoquille, je restaure mon corps
De jeune fille;
Ce gouvernail solaire.
Au cœur de cette adolescence
J’ai dix-sept ans…
Un voilage aérien
Doux amandiers en fleurs
Berce la désuète cretonne du couvre-lit
« Couvre mon corps, couvre ma peine,
Cache-misère de ma jeunesse! »
Au plafond, des arabesques imaginées
Dessinent les contours de mes pensées baroques
Mon encre bleue, tremblotante
Souligne d’un pastel évanescent
Les rêves épurés, les livres tant aimés et les oranges amères
« Je serai différente, poétesse lunaire
Un singulier chemin ouvrira ses ardeurs
A mes pas décidés! »
Je m’encoquille, je bouillonne d’appréhensions,
D’échappées lumineuses, d’amours frémissantes,
D’orgasmes anonymes…
Fille-fleur, je m’éveille
Et ma mélancolie au goût de miel
Pose ses délicatesses sur la peau encore vierge
Je m’encoquille, j’offre la corolle de mon sexe
Aux brumes matinales, aux vents subtils,
Aux branches qui s’enorgueillissent
De bourgeons éclatants,
Aux soleils en corbeille,
A la bruyère enchantée qui longe mes tourments,
Aux hommes aux doigts de fée
Qui cachent leur bonté dans un repli de l’âme!
Je m’ecoquille, je suspends le temps
Ma chambre essentielle et néanmoins partagée
Crée mon indépendance, abrite mes silences
Un vol d’hirondelles, fantaisie libertine
Un saule amoureux, seul au milieu de l’eau
Et je divague d’aimer, d’apprendre, de flâner
Et j’écris l’impalpable, l’indolent, le fondement
Et je dilue le temps…
Quand ma chambre-bohème était ma seule attache
Et que naissait timide ma sensualité.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 1 votes