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Je n’en dors plus les nuits tellement j’ai peur, avec l’impression d’être « bouffée » par quelque chose. Je ne peux retenir ces larmes qui m’inondent. Oui j’ai peur, méchamment peur tout simplement. Moi qui prend tant soin de mon corps, de ma peau, je suis remplie de dégoût à la seule vue de cette chose. Ce morceau de chair manquant.
La Chose
Oui j’en suis malade de peur et si elle est irraisonnée celle- là , elle est bien réelle. Je crois bien n’avoir jamais eu une telle peur. Cette atteinte à mon intégrité physique. Oui j’ai besoin de l’écrire faute de pouvoir le dire.
La Chose
Je n’ai pu m’empêcher d’y regarder de plus près lorsque l’infirmière est venue me faire mon pansement et je la regardais faire, hypnotisée par la chose , ce trou béant d’un cm carré et d’au moins un cm de profondeur.
La Chose
Est presque indolore mais la douleur que je ressens est pourtant intense, j’ai mal à mon intégrité, j’ai mal à mon moi; pour combien de temps vais -je encore traîner cette horreur , l’infirmière est restée vague , vous savez tout dépend des personnes , chaque cas diffère mais il faut se donner du temps. Je n’entends que ça du temps, il faut du temps alors que le temps passe à une vitesse inouïe…. le temps.
La Chose
Pour le moment j’en perds du temps avec elle. Interdite de bain, de piscine et de tant d’autres choses, des petits plaisirs tout simples. Je suis fatiguée de cette perte de temps. Parfois si j’essaie de dire ce ressenti, tiens comme j’ai essayé hier au soir, oh je ne leur en veux pas, mais mes invités me regardaient avec des yeux carrés.
La Chose
Quelle impudeur aussi de leur dire ce que j’en pensais, ce que je ressentais à me sentir grignotée comme ça de l’intérieur. Comment auraient-ils pu comprendre que le seul héritage que j’ai reçu, je puisse vouloir le réfuter avec cette violence.
La Chose
Mon héritage génétique, peut être …oui ils doivent me prendre pour une allumée qui vient d’une autre planète après tout ce n’est qu’une petite plaie n’est -ce pas, il y a tant de choses plus graves. Je sais tout ça mais le vent de panique qui s’empare de moi , je n’y peux rien , il est là , il m’emprisonne dans ses griffes.
La Chose
Maintenant me fait terriblement souffrir pourtant je ne suis pas douillette. J’ai commencé mon tableau, au moins j’évite de penser. Je ne sais ce qu’il donnera, aucune importance. C’est terrible d’avoir l’impression que l’on ne se régénère plus. J’ai toujours eu une crainte des chiens, à cause des morsures qu’ils peuvent vous occasionner hé bien là c’est tout à fait ce que je ressens.
La Chose
C’est comme si on m’arrachait des morceaux de chair et rien pour calmer cette douleur même les antalgiques n’y font rien. Depuis hier je porte une bande compressive en plus d’un bas, heureusement que je ne sors pas c’est fou ce que c’est sexy.
La Chose
Me fait mal .J’ai envie de courir, de nager, de sentir la caresse d’une main sur ma peau, c’est affreux, en tous cas si cette saleté ne guérissait pas, pas question que je vive des années avec ça non sûrement pas je ne suis pas maso, je tirerais ma révérence une fois pour toutes avant d’être complètement bouffée par ce maudit truc.
La Chose
Me donne envie de hurler moi qui voudrait tant bouffer la vie à pleine dents je suis là, la jambe emballée avec cette énorme bande de contention plus un bas et, en cet instant ce coup de poignard qui vient de me traverser la jambe comme pour m’empêcher de dire des âneries, bon dieu que j’ai mal.
La Chose
Dois -je en rire ou en pleurer je ne sais plus. Quand l’infirmier est venu ce matin, bien sûr j’ai regardé l’état de la chose. J’ai cru par un moment qu’elle se réduisait, quelle erreur en fait elle creuse son sillon, comme une galerie, comme si un mauvais microbe creusait ma chair, creusait comme une taupe. J’aime pas les films d’horreur et ça, ça se développe sans que j’ai quelqu’un qui puisse me rassurer. Envie d’en finir avec cette horreur.
La Chose
Ne s’améliore pas, impression que c’est le contraire, qu’elle me ronge. J’ai peur, une peur qui devient phobique c’est quoi la beauté ? Dire que j’étais si fière de ma peau et là cette horreur, qui bouffe ma chair, je voudrais me réfugier sous ma couette et dormir pour ne plus penser.
La Chose
Ne guérira qu’au bout de 10 mois mais j’en garde la marque indélébile, une excavation juste sur la jambe .Un bout de chair en moins qui me nargue. Je ne mettrai plus jamais de robe ou de jupe courte. J’aurai pu porter plainte contre ce chirurgien qui a failli à son rôle en me refusant -un geste chirurgical –une simple incision de mon hématome qui aurait évité qu’une plaie se creuse mais toutes les expertises nécessaires à un procès m’ont découragée.
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Sotte, saute donc si tu l’oses
Ma poésie tome 1
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