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Oh j’ai tous les talents je vous ferai l’honneur
D’admirer mon acmé
______________________Pour mon plus grand bonheur
Je serai pris ce jour sachez quoique admirable
Puisse être votre ardeur à tourner tout en fable
Vos dialogues sont lourds et peine à l’estomac
Je suis le pauvre mousse au sommet du grand mât
Je sens la vague immense écraser le navire
Je vois l’autre qui vient voilà que l’on chavire
On panique on s’efforce à rester valeureux
Chacun à sa chaloupe entre vos vers affreux
Se garde de trembler devant votre génie
On rame on se souvient la vieille Iphigénie
Le grand Cid Andromaque on rêve aux temps anciens
Où le vers était vers des académiciens
Zut à l’alexandrin enfin que tout éclate
Voici le vers nouveau que ma verve dilate
Je sens monter en moi quelques chants de houris
Des océans de rois des fichus je souris
Je vois distinctement des points dans les ténêbres
L’heure est certainement de passer les célèbres
Au fil de mes rasoirs
______________________Que ferez vous aux vers
Que vous n’avez déjà par l’endroit de l’envers
Et de par tous côtés comme un sphinx invincible
Oui car je vous connais vous êtes insensible
A la beauté du mètre à la censure aux lois
Que Corneille et Racine ont introduit quels rois
Sont-ils pour le théâtre
________________________Eux des rois je rigole
Je m’esclaffe ah ah ah ils sont la pire école
Qui soit pour nos enfants je les pends au bûcher
Je les couvre de boue et brise leur hochet
L’hémistiche à la marge en deux en trois en mille
Allons sautons dessus rions tous en famille
Ah la mauvaise rime
______________________Oh je m’en fous vraiment
Je crois que je défaille
_______________________Eh bien allez gaîment
J’ai d’autres mots encore un peu plus exécrables
Jarnicoton parbleu sont des bigots affables
Le poète ne doit je veux dire l’index
Et fourrer sa narine un peu partout la lex
Ronsardia malherbus et qu’un
________________________________Je vous en prie
N’injurez plus longtemps qui sur tous ont maistrie
La vilaine tournure ancienne et si con
Je sens vous oseriez servir du Stilicon
Du Phoébé du Graccus toute votre antiquaille
Me la vendre à l’étal ainsi de la poiscaille
Aussi je vous le dis j’adore Arthur Rimbaud
Et Charles Baudelaire ô dieu que c’est beau
Puis quant en gros Totor et sa lyre fameuse
Arthur a bien raison elle est bien trop fumeuse
N’est-il pas trop stentor le gueuloir cabochard
Puisque vos propres vers
____________________________Ils sont Barat-Vassard
J’oses des mots géniaux tenez tralalalère
Et puis des mots latins voici rastaquouère
Voyez votre hémistiche oh mais qu’il a l’air fin
Il s’amuse il se fend six et six qui font douze
Son rythme organique il m’en fiche le blouse
Attention je m’y mets
_______________________Pitié ne faites pas
Mal vous ne risquez rien si vous suivez mon pas
Je vous mènerai loin loin vous moi vos oreilles
Ecoutez je commence et combien de merveilles
Un deux trois anticonstitutionnellement
Ah mon bel hémistiche
__________________________Y-teniez vous vraiment
L’enfant prend sa tétine il la suce il machouille
Vous la lui retirez d’un coup sa pauvre bouille
Se change en un torrent de larmes et de cris
Mais sitôt
___________Cela m’est suffisant j’ai compris
Mais pourquoi ce mot-ci pourquoi
____________________________Cela m’amuse
Eh bien riez monsieur vous seul et votre muse
Y-comprenez un peu
_______________________L’antiti consititi
Quel est-ce bêlement
_______________________Nellement constiti
Pensez à nos lecteurs qui nous liront la honte
Oh deux ou trois niais et encor si je compte
Très large et en travers en long et en
_______________________________________Suffit
Je préfère me taire
_____________________Et pour la rime en fit
La solution est dans la question il me semble
Vous diérésez tion cela ne vous ressemble
Le verbe parle en moi
_______________________La verbe c’est l’auteur
Oh j’ai tous les talents je vous ferai l’honneur
D’admirer mon acmé
_______________________ …. (bis)…



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