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Si j’étais une chaise, un pliant, un fauteuil,
Je serais suffisant et tout pétri d’orgueil,
Quand tu viendrais poser le bas de ta personne
Sur mon avidité pour me changer en trône.

Si j’étais confident, indiscret ou Voltaire,
Tu ne porterais rien, si ce n’est des guêpières ;
Je sentirais ta peau quand tu viendrais t’asseoir,
Je sentirais, mais serais seul à le savoir.

Si j’étais un sofa, un divan de psychiatre,
Tu viendrais adosser la rondeur de tes lombes,
Là où la main finit, là où le regard tombe,
Et j’entendrais ta voix comme un Freud opiniâtre.

Si j’étais un crapaud dans un château de fées
À toucher du séant pour me changer en prince,
Tu viendrais à mon bal du fond de ta province,
Pour lever ma laideur, pour ma lèvre assoiffée.

Si j’étais sur un banc à t’attendre boudeuse,
Avec Brassens, avec Renaud et leurs berceuses,
Peut-être viendrais-tu comme lune ottomane,
M’assiéger de ta croupe aux parfums de sultane.

Si j’étais un fervent de chaises musicales,
Tu me serais bergère ou chauffeuse ou marquise …
Ne craignant ni l’hiver, ni le froid des banquises,
Je reviendrais sur toi m’asseoir sur la morale.

Si j’étais ligoté sur ta chaise électrique,
Au couloir de l’amour, à tes poses curules,
Je saurais les secrets de ta bouche d’Hercule,
Dans un cocktail subtil de tendresse et de trique.

Si tu trottais un soir montée en amazone,
Dans l’impudeur du vent au plus haut des dentelles …
Pour le doux de ta cuisse et ta couche d’ozone,
Je serais volontiers le pommeau de ta selle.



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