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Cette femme aujourd’hui, qui souffre et qui gémit,
N’est-elle pas la jolie fille qui un jour t’a dit
Combien elle aimait te voir comme son miroir
Et son ventre rond sans te lasser de la voir?

Ô combien tu la trouvais désirable et belle
Dans sa tenue d’Eve, tu lui tendais une ombrelle
Souviens-toi de ses mains, si douces et si habiles,
Caressant chaque jour le fil d’une fine aiguille.

Lorsqu’elle berçait tendrement votre enfant le soir,
De sa voix féerique, lui contant une histoire.
Te rappelles-tu de sa passion pour la lecture
Bonheur dans ses yeux de son goût pour l’écriture?

Femme de ta vie dans ce coin de paradis,
D’un doux conte oriental ou d’une vie de fée,
Entre la jeunesse androgyne de Musset,
La passion de Sand, ou Baudelaire le génie.

Douce femme qui sur ton corps affolait le sien,
Au rythme lent, violent, poésie de Senghor.
Cette femme était la tienne tu la couvrais d’or,
Elle t’a offert un amour pur et aérien,

Ne pouvant se passer de rêver toutes les nuits,
Comme une arche de Noé, elle a tout construit.
Noyant sa plume dans une encre pourpre fragile,
Parfois désireuse de s’isoler sur une île,

S’embarquait sur un radeau, folle et courageuse.
Tu rejoignais la belle femme, de toi, amoureuse.
Ce matin, son dernier cri vers ce paradis
Qu’elle t’a si souvent décrit dans ses poésies,

Elle t’aimait, a voulu transmettre cet amour
A toutes les femmes qui ont peur d’aimer toujours.
Son dernier souffle était pour toi, l’homme, le poète,
Fière d’être l’épouse, d’un homme aux yeux en fête.

LA FEMME DE TA VIE Voyageons dans ce jardin où vous me proposez tant de m’évader
Dans vos yeux fougueux je lis l’invitation d’un plaisir partagé
De votre plume en découle l’encre d’une sensibilité sans fin
Devant chaque paysage nous serons main dans la main

Emmenez-moi, envolez-moi, sur ces terres, ces océans, ces mers
Vers cette infinie lumière, de beauté, de couleurs éphémères
Même les yeux fermés, j’avancerai vers cet aller sans retour
Voyage de longue haleine, de toute une vie, voyage pour toujours

De toutes les tempêtes, nous vaincrons nos fatigues et colères
De toutes ces pluies, nous essuierons nos larmes, trop fiers
De tout ces vents nous balaierons les plus douloureux souvenirs
Voyage de toute une vie, enfin le moment est venu de partir

Notre cœur et notre âme, nos seuls bagages suffiront à aimer
Nous boirons à la source de vie et continuerons de marcher
Vent de folie, nous croquerons la vie, en puisant toute l’énergie
Usant nos cordes de sensibilité, vainquant angoisses et jalousies

De cet ultime voyage, nous en sortirons vainqueurs plus forts
Battons-nous encore, doucement violemment, usons nos corps
Arrivons à bon port, dans ce jardin parfumé des roses de Saadi
D’un album jauni des souvenirs d’un voyage au pays de nos envies

Notre curiosité ne cessera donc de nous émoustiller à tant de beauté
Merveilles dégagées des paysages dont nous détiendrons les secrets
Nous accompagneront toujours vers les sommets de pure sérénité
Paradis d’une oasis bienfaisante, un voyage au sein de la divinité.

NOTRE VOYAGE © Copyright 2016 Sylvie Badi

tableau Johann Peter HASENCLEVER Die Sentimentale 19e



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