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La femme oubliée
Elle est là
assise sur son banc,
elle regarde tous ces gens
qui marchent indifférents,
sans la voir, ne pas regarder,
la misère qui l’habite.

Elle a froid au cœur.
Tous ces déchirements que vous lui infligé,
la déchéance imposée par vos dictatures,
vous qui n’êtes que des pantins pas malins.
Vous misérables.

Elle avait une chaumière,
un mari, des enfants,
aujourd’hui ils sont partis, pourquoi?
La honte? mais de quoi?
Elle, l’amour elle ne connaît plus,
son corps vide de sentiments,
de tendresse, tout s’est évanoui
avec sa vie.

Et pourtant, elle existe,
mais les abysses lui ont ouvert les portes
alors que vous, insensibles et bêtes
avez fermé votre cœur à cette femme
qui vous a certainement beaucoup donné.
L’avez vous oublié?

Elle dormira encore ce soir
sur son banc,
d’un sommeil bancal.
Vous, insouciants,
vous irez jouir des joies de la nuit.
A votre réveil, dans un lit bien chaud,
vous ferez l’amour,
sans vous soucier d’elle. Dehors,
elle a froid, elle a peur.
Elle n’a plus de bras pour la réchauffer,
de toit pour l’abriter.

Ce matin encore
elle est là, sur son banc
le regard perdu, son visage mouillé de larmes,
son sourire s’est effacé, la tristesse l’a maquillé.
Meurtrie au plus profond de son âme,
elle sombre dans la solitude,
cet océan d’incertitude,
la noie dans l’oubli.
Des lendemains à venir, sans avenir.

Elle est devenue une ombre,
un fantôme du passé.
Elle doit se battre sur tous les fronts.
Les voleurs, les violeurs, une vigilance de chaque instant
et personne ne bougera, Ah que sa me bouleverse.
Le froid, la chaleur, le vent, tous ces éléments à combattre.
Les seuls compagnons sur sa route,
peut-être un chat, un chien qui la regardera avec compassion,
hélas il sont impuissants face à la méchanceté des hommes.

Elle cette femme abandonnée
fut autrefois, belle et charmante.
Elle a encore du charme,
malgré la souffrance.
Sa beauté est dans son âme.
Vous, votre laideur est dans vos entrailles.
Aurez-vous un jour un peu de conscience,
un brin de bonté?

Personne ne mérite un tel destin,
hommes ou femmes et même nos animaux de compagnie.
Demain cela pourrait être vous.
Ce texte s’adresse aux grands de ce monde,
eux qui ouvrent les portes de l’enfer aux pauvres gens.

Un matin, elle est morte dans l’indifférence,
sous une pluie glacée, comme fut sa vie sans nom,
dans l’oubli.

Béatrice Montagnac



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