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La louve…

A la lune de printemps
Lorsque s’affole et chauffe le sang,
La louve épie
La louve veille
La jeune louve surveille.
Tremblante et frissonnante
Inquiète aussi,
C’est maintenant…
Elle ressent intensément
Pressent l’instant
Celui tant attendu,
Celui, quand le roi, le dominant,
Le roi, le sultan
Fera d’elle l’élue,
Sa belle et fougueuse amante,
Sa compagne fidèle.
Farouche
Désireuse cependant,
La louve épie
La louve veille
La jeune louve surveille.
Elle sait…
Furent si longues les saisons écoulées,
Les printemps de feu
Aux sens éveillés,
Aux émois enflammés
Jamais apaisés.
Patiente, aimante,
Ainsi elle attendait le temps,
Le temps des beaux jours
Le temps de l’amour.
Mais comment se soumettre au destin cruel
Qui dit que la belle ne sera pas éternelle,
Qui veut que l’amant
Renie le serment
La répudie
Au prochain printemps.
Telle est la loi de la meute
L’ignoble tourment que celui des amants.
Différente sensible exclusive autre,
Soumise autant que rebelle,
Elle refuse le châtiment
Renonce et s’efface…
Elle est la louve
Je suis la femme
Je n’ai pas épié et je n’ai pas veillé,
C’est arrivé sans crier gare
Jeu du hasard, un seul regard
Depuis, dans d’étranges méandres,
Je m’égare…
Amoureuse éperdue à tout jamais esseulée,
Désormais, elle sombre.
La louve pleure
La louve guette
Et veille à la lune nouvelle,
D’amour inassouvi et dans ses tristes regrets,
Dans la souffrance, s’est épuisée.
Elle crie, gémit, hurle son désespoir,
Elle est la louve
Je suis la femme.
Au fond de son repère
Sous les brumes dans le soir
La louve épie
La louve veille
La jeune louve surveille.
Tremblante et frissonnante,
Apeurée, effrayée,
Elle espère le moment,
L’ultime,
Celui où la mort viendra la libérer
Plutôt que de survivre
La louve se laissera cueillir ;
A son destin elle crut pouvoir échapper
Mais sans l’amour et l’amant elle ne put se consoler…

Pascale Mège-Monier
Illustration photo internet



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