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Des rengaines qui courent toujours les rues, défiant les modes, défiant le temps. Tant il est vrai que le Poète ne meurt jamais …

Il pleuvait sur Belleville.
La petite fille était triste,
Avait pour seuls amis
Les moineaux de Paris.
Et comme eux elle chantait
Au coin de la rue, là-bas.

Le printemps est venu,
Elle a quitté sa rue.
La môme avait grandi,
La chance avait souri,
Ses chansons avaient plu,
Emportées par la foule.

Le ciel bleu s’est levé
Sur un pays blessé.
De Marseille à Paris,
La guerre était finie.
Chacun avait besoin
De voir la vie en rose.

Son cœur, cent fois, s’est enflammé.
Autant de soirs, il a saigné
Pour un milord, un légionnaire.
A Dieu, toujours la même prière :
Lui soit laissé encore un peu,
Comme à St Jean, son amoureux.

Elles auront fait le tour du monde,
Ont fait pleurer l’accordéon,
Ont fait naître des amourettes,
Mais n’ont pu arrêter
Son manège de tourner.
Elle se foutait du monde entier.

Quand la nuit est tombée,
Que le répit était compté,
Elle a voulu chanter,
Comme, petite fille, dans son quartier.
Nous souffler à la fin
Qu’elle ne regrettait rien.

Marie-France Lemains – Décembre 2015



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