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À quoi bon le Marais, le Louvre et Notre-Dame,
Si je m’y rends sans toi, si l’on nous voit sans eux !
La moindre fleur ne vaut que par l’heur de tes yeux,
Je ne puis avoir Dieu que pour lire en ton âme.

À quoi bon le jasmin, la rose ou l’orchidée,
Si leurs boutons éclos sont enfants de Médée,
Si fleurir est mourir, si finir est faner !
L’enfer n’appartient-il qu’au mouron des damnés?

À quoi bon tes santons, ta bague et tes flacons !
Le moindre objet ne vaut que dans tes brimborions,
Car rien ne sert à  rien, tant l’apparence est vaine :
J’ai peur d’être éléphant parmi tes porcelaines.

À quoi bon Mallarmé, Verlaine ou Baudelaire,
Leur jeu de dés, leur poison vert ou leur bouffarde !
Tous ces colifichets, perdus dans l’inventaire,
Ne vaudront rien sans le fatras de ta mansarde.

À quoi bon Barbara, Maurane ou Buddha Bar,
Quand on pourrait confondre aigle noir et corbac …
Et qu’il ne fait pas bon s’endormir près des lacs !
La solitude aigrit comme un amour à  part.

À quoi bon Lagerfeld, Aubade ou La Perla !
Retirer ta mitaine et descendre tes bas,
C’est le temps que j’effeuille et le vent que j’attrape :
L’espace d’un instant je redeviens satrape.

À quoi bon le serpent, la pomme et la Genèse,
Quand on écrit si bien entre tes parenthèses !
Si Roquentin avait connu la toison d’Ève,
Il aurait remplacé son dégoût par du rêve.

À quoi bon le jardin et le ciel qui s’entartre !
Tout est gratuit : et le tramway, et son désir.
Dans cet ennui, j’ai attrapé le mal de Sartre,
Il me faudrait un peu de toi pour en guérir.



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