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Là où je vis,


Las je suis !


Là où je vis les plantes ne nous méprisent pas !

Elles poussent en terre, pépères, sans sourciller

Les jardins s’exposent eux-aussi, je suis bien là

À les surveiller, à leur dire combien je les aime


Combien même je les arroserai, elle me préfère

À cette pluie divine, à cette eau venue du ciel !

Mes plantes sont mises en terre, loin de l’enfer

De ce monde décadent, qui vomit tout son fiel


Là où je suis, même l’herbe n’est pas plus verte

Les arbres perdent souvent leurs feuilles, et puis ?

Serai-je caduc, je vis, tous mes sens sont en alerte

Je m’ effeuille, c’est drôle, un peu trop démentiel


Il m’arrive de me croire, assis sur un arc-en-ciel

Rêvassant et me prenant pour le grand sauveur !

Je brandis ma plume et aux âmes qui se perdent

J’envoie ma lumière et l’espoir pour leur éveil 


Las, je suis, le monde s’affronte, la terre frémit

Les bombes m’assiègent, l’effroi sème le doute

Oh enfants de la terre, fuyez le joug de l’ennemi

Ensemble nous irons ramener l’amour à sa voûte


Pour un ciel clément, pour que l’homme soit sage

N’a-t-il plus de sentiments, a-t-il perdu la raison !

Brandissons l’étendard car là sous son corps sage

Les nations ont encore des hommes et un horizon 


Là où je suis, la colère gronde, s’avance la misère

Avons-nous besoin des guerres, j’ai envie de vomir

Vous êtes ces petites graines, ces plantes de naguère

Celles que nous devrions chérir au lieu de conquérir 


(Thierry Titiyab Malet) Le 11 avril 2018



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