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Quelqu’un avait bien dit, en des temps plus anciens,
« Avoir questionné la terre et questionné les cieux »
Mais, à toutes mes questions, on ne me répond rien
Le passé est passé et l’avenir est à Dieu.
En voulant savoir d’où je pouvais venir
Fouillant mon passé et tous mes souvenirs
Finirai-je par savoir ce qu’il allait advenir
Et de quelle couleur serait mon avenir ?
Un passé trop récent émaillé de douleurs
Un présent sans passion tout brillant de torpeur
Comment sera « demain », me disais-je, ayant peur
Qu’il ressemble à « hier » amorphe et sans vigueur !
« Hier », j’étais bien jeune avec des joues bien rondes !
Hier, je riais et ma joie était grande !
Puis vint « Aujourd’hui » avec ses turpitudes
Et l’avenir tracé devint sans certitude.
Je vis la jeunesse s’éteindre devant mes yeux !
Je vis le soleil cesser d’être radieux !
Par un horizon sombre mon espoir est trahi !
Je cessais d’être jeune et me sentis vieilli !
Il me fallait creuser et sa tombe et la mienne !
Pour lui, cela est sûr, pour moi quoi qu’il advienne,
Je traînerai encore mes pieds sur cette terre
Qui recouvre le corps de celui qui m’est cher.
Ceci est le Destin, peut-être la destinée :
Et c’est bien pour mourir que nous sommes tous nés !
Cependant, si, sur terre, il existe une droiture
Tout un chacun mourrait avant sa progéniture !
Il est dur de devoir aller au cimetière.
Qu’il est dur, ce devoir, d’un père abattu
De devoir enterrer le fils dont il est fier
Et d’en revenir en se sentant vaincu.
Ces tombes alignées où figurent tant de noms !
Ces personnes bien chères que l’on perd à jamais !
Tous ces souvenirs, qui causent nos tourments,
Prouvent qu’ « Hier » et « demain » ne sont point arrimés !
Si le second arrive sans tambours ni trompettes
Le premier ne laisse que traces de son passage
Et ces traces, souvent, ne sont que des tempêtes
Perturbant et coupant le fil de notre ancrage.
A quoi peut ressembler le lendemain d’un deuil ?
Comment rentrer chez et en franchir le seuil
Sachant que l’être cher est parti pour toujours,
L’avenir saura-t-il animer cette cour
De laquelle ses cris jaillissant chaque jour ?
Hélas ! Il est parti ! Je veille sur son cercueil !
Je ne cite pas de nom et ne parle de personne !
Je parle au nom des pères qui ont vécu mon sort
Je n’oserai me plaindre sachant que Dieu donne
Et reprend. Je m’incline et vis avec tout mon remord !



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