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Lui il était assis sur un bout de trottoir,
Pour lui servir de chaise un vieux carton sali,
Il passait là sa vie, du matin jusqu’au soir,
Attendant une pièce, ou un regard poli.
L’autre était en voiture, aussi chère que neuve,
Il passait tous les jours devant notre bonhomme,
Une belle voiture était pour lui la preuve,
Qu’il valait mieux que l’autre, qui n’avait rien en somme.
Et voilà qu’un matin s’arrête la voiture,
Et en baissant sa vitre d’un air dédaignant,
Regarde le pauvre homme à la triste figure
Et lui jette un regard on ne peut plus méchant.
Le lendemain matin il s’arrête à nouveau,
Et en baissant sa vitre il se met à parler,
Il se met à vanter ce qu’il a de plus beau,
L’air le plus méprisant qu’il pouvait se donner.
Il lui parle de tout, de sa jolie maison,
Sa voiture, son bateau, ses vacances et ses biens,
Son seul but étant, et sa seule raison,
De faire comprendre à l’autre qu’il a tout, et lui rien.
Mais le matin suivant le clochard est debout,
De la vitre entrouverte il s’approche en douceur,
Il se met à sourire, c’est son plus bel atout,
Et se met à parler, sans la moindre frayeur.
« Je n’ai point de maison ni de belle voiture,
Pas besoin de vacances pour me donner bonheur,
Ma richesse est plus grande que votre belle allure,
Car moi j’ai un sourire, et j’ai surtout un cœur ».



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