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J’ai chaussé mes pantoufles de sept lieux à carreaux

pour survoler les monts, les mers et les mots

j’ai marché dans le sable du désert des fous

pour arriver enfin dans le ventre de Gaärdhavou

*

Cette ville mythique, curieuse nasse pour les hommes

entassant des richesses, comme on stocke des dogmes

ou le plus margoulin de cette peuplade de loups

verra de beaux demains sur le trône de Gaärdhavou

*

j’ai recherché l’amour dans les rues de la cité

les poches vident au départ, nous ne sommes pas tous bien nés

j’ai trimé et j’ai sué, inventant des mots doux

pour que ma dulcinée m’aime aux lueurs de Gaärdhavou

*

Bien en rang dans le troupeau de brebis effarées

je me suis coulé dans le moule et j’ai mis de coté

quelques pièces ferrailleuses, qu’ils distillent à petits coups

pauvres ou riches, devenir vieux, c’est la peur de Gaärdhavou

*

J’ai courbé mon échine devant les majestueux

princes pompeux rieurs, naturellement baveux

qui légifèrent en rond et mettent la corde au cou

du manant refusant les règles de Gaärdhavou

*

J’ai élevé ma couvée, oisillons bien dressés

J’ai acquis belle chaumière, ,charrettes neuves, dime payé

bien fondu dans la masse, au creux du ventre mou

j’ai plié comme une branche, devenant Gaärdhavou

*

Et puis un soir d’orage, d’un noir qui vous immole

vous ouvre les pupilles, fait fondre les idoles

j’ai vu un vide étrange, celui qui tourne la roue

je n’ai senti que le vent soufflé sur Gaärdhavou

*

J’ai repris mon chemin sur des routes absconses

fuyant sans autre émoi ce monde peuplé de ronces

j’ai évité « YAKHA », « PHOKON » et « CEKOMHSA »

sans même me  retourner…Mes rêves loin de là!



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