Partagez

La traversée du désert.

J’ai beaucoup voyagé depuis un certain temps
J’ai pris tous les moyens de transport
J’ai attendu sur le quai le train qu’il arrive
J’ai pris aussi l’avion
J’ai navigué comme Capitaine sur mon navire
J’ai écris des rêves et tant de lettres
J’ai puisé dans mon encrier et noirci tant de papiers
De mon encre bleue
J’ai parcouru les saisons, du rude hiver
J’ai régénéré le printemps avec ses belles couleurs
Dansé comme un enfant au chant du laboureur…

Je me suis fait pousser des ailes
Comme un oisillon, j’ai crié haut et fort
Dans les cieux, j’ai été voisine de la lune
Et sur mes rives et sur les lèvres de ma terre brune
J’ai chanté la liberté, l’amour et le rêve …
Voyager, c’est important à travers mon regard d’enfant
En la musique du pas de ma mère et au son de la canne de mon père
Sur les traits d’un vieux, sur l’échafaudage de ma peau et mes ans
Dans les larmes des femmes et des enfants
J’ai monté les vagues, dansé sur un seul pied à la brise du vent
J’ai enfanté des rêves dans les bras de ma bleue
J’ai lu dans les rides ce qu’elles archivent
E j’ai erré sur tant de collines, sans rênes, ni brides
Les pieds usés et sans guide
Et j’ai constaté que voyager, c’est oublier sa douleur
Ses plaies et les chaines et le fer et le déni des cœurs …

Venu le temps d’oublier mes maux et mes dures épreuves
Ma Montée au Mont et ma chute sur les pierres
Prendre à bras le corps ma vie, avec ses joies et ses chimères
J’ai reculé au lieu d’avancer, j’ai patienté et j’ai attendu
J’ai accepté les promesses qui n’étaient que sables mouvants
Je me suis faite de l’absence et le feu de ma nostalgie et sa souffrance
Le rêve m’a épuisé et l’amour m’a écorché
Je me sens fatiguée, par l’errance de mes pensées
J’essaye de les éloigner d’un revers de main
D’un battement de cils dans leur vol, de ne plus les suivre
Tant elles sont harceleuses et envahissantes
Je me suis dis, que je n’arriverai jamais à gérer ma vie amante de mes rêves
Tant qu’ils me pourchassent et ces pensées qui m’enlacent
Je me sens éreintée et si lasse…

Je m’assis sur mon lit, tout me fore et me plie
Et je me suis dise, finis les rêves gitans
Le mal de l’absence, et la nostalgie poignante
Adieu l’amour et son endurance…

Rien ne reviendra comme avant, ni les êtres ni le temps
J’aime ma solitude, l’errance avec ma valise
Mes rêves mirages et ma souffrance
J’ai tant voyagé sur le rythme de mes rimes et mes proses…
Voyager c’est important
J’étais discipliné et j’arrivais toujours à temps
Et je me brûle dans mes cendres…

Finie la traversée du désert
Il est temps de laisser dormir cet enfant en paix
De laisser derrière, tous ses souvenirs
De vivre en paix avec soi même
De laisser refaire son printemps, l’hirondelle
Venu le temps de rassembler mes feuilles éparpillées
Oublier mes bleus, ne plus les réveiller…
Maïssa BOUTICHE, Alger, le 13/02/2017



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
4.93 sur 55 votes