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La vague avait laissé tout au bord du trottoir
Quelques mots échoués et des rires brûlants
Des ombres tatouées tracées comme au rasoir
Des dos bâtés des yeux battus des cœurs battants

La vague avait laissé sur l’écharpe de laine
Les senteurs de la ville et l’odeur de ta peau
La mémoire des corps le plaisir et la peine
Les effluves du soir la fièvre des badauds

La vague avait laissé au bord du boulevard
Des rendez-vous d’amour des rêves moribonds
Des désirs de rivage un accord de guitare
Des regards de faux jour des lèvres de faux bond

La vague avait laissé aux abords du café
Des friselis d’aveux perdus parmi le flot
Des élans dispersés à l’heure des marées
Quand l’écume remonte aux bouches du metro

La vague avait laissé sur le bord de nos tables
Des nostalgies d’abeille en quête de butin
Rêveuse de ruchers aux destins désirables
Où la nuit fait toujours attendre le matin

La vague avait laissé au bord de nos paupières
Une larme égarée par un passant distrait
Une larme pour une amante au cœur de lierre
Pour un frisson pour la musique d’un baiser

Et j’étais le témoin qui ne savait que dire
Et j’étais cette vague et ce qu’elle emportait
Les hommes et leurs peurs leurs peines leurs désirs
Et j’étais ce témoin qui ne savait qu’aimer



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