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Il s’en va d’un pas lent retrouver ses amis,

Le visage durci, le regard dans le vague,

Un pantalon trop grand pour son corps amaigri,

Un sac à dos toujours qui lui sert de bagage.

Pourtant je l’ai connu du temps de son bonheur,

Banquier avisé, costume et cravate en couleur,

Il aimait son métier, sa femme, ses enfants,

Mais lorsqu’il fut quitté, plongea dans le néant.

Depuis il boit du matin jusqu’au soir,

Pas tout seul, avec lui des compagnons de bar,

Il tient toujours son verre rempli de berger blanc,

Quand ses jambes faiblissent , il s’assoit sur le banc..

Il m’arrive souvent d’aller le saluer,

Aimant parler d’histoire ou de littérature,

C’est toujours mon ami, cet homme au cœur blessé,

Ses rides sur ses joues sont des égratignures.

Une fois cependant, il a voulu me dire,

Le bonheur d’avoir vu son aîné lui sourire,

Sur sa joue une larme a coulé lentement,

Dans mes bras , sans un mot, l’ai serré fortement.

Mary Galinié.



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