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Tu t’en vas lentement
Les bagages sont lourds j’emporte trop de choses
De nos enfances en torche de nos matins fiévreux
Des rires partagés de la vie qui s’apprend
De coup de poing en coup de coeur yeux dans les yeux
De l’odeur des coursives aux épines des roses

Tu t’en vas lentement
Tu me laisses tout seul et je reste à défaire
Le bric à brac de nos jeunesses mal foutues
Les douleurs silencieuses les rires trop bruyants
Les rêves qui attendaient au coin de notre rue
La peur au ventre et l’insouciance en bandoulière

Tu t’en vas lentement
C’est toute ma mémoire qui s’en va à vau l’eau
Sans toi je ne sais pas comment me souvenir
Sans toi je ne suis plus et l’adulte et l’enfant
Surgissant à la fois dans un éclat de rire
Et l’ortie du bonheur démange jusqu’aux os

Tu t’en vas lentement
Et c’est l’adieu au rire et c’est l’adieu aux larmes
Arrive l’heure nue tombent les oripeaux
De nos vies dévidées dans cet appartement
Où tu viens dérouler le dernier écheveau
En semblant t’excuser d’avoir rompu le charme

Tu t’en vas lentement
Et j’ai peur et j’ai mal j’essaie d’être debout
A ta hauteur d’être ce mur où t’appuyer
De ne rien oublier de nos rêves d’enfant
Te relire Rimbaud offrant l’éternité
Mer et soleil mêlés cœur battant jusqu’au bout



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