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Parce que nul ne sait où commence, où finit
L’infernal carrousel où Satan fait son nid
On enterre les corps, feus de quelconque cause
Et s’invente l’histoire, en blanc, noir et en rose.

Les guignols de parade entonnent le discours
Il émascule tout, balise le parcours,
Le peuple réjoui tend la joue et la fesse
Tant Sodome lui plait… puis il passe à confesse.

Peu comptera le rite, un lâche est un vassal :
Le pékin vit sous coupe, authentique féal,
La flatterie inonde au désert de son âme,
Une lueur s’éteint, plus de petite flamme.

S’agissait-il d’un tour, l’art d’un magicien,
L’arme d’illusion du politicien ?
Non, le parfait nigaud placé sous somnifère
S’endort en bienheureux en pause mortifère.

La démarche est fort simple : un prétexte grossier
Que chacun peut comprendre, un soutien financier
(Le nerf de toute chose), à l’abri la fortune
Qui jamais ne se perd, ô sagesse opportune !

Point ne s’agit ici, de votre doux livret !
Cela ne compte pas, ce pécule pauvret
Rejoindra le grand gouffre, un écot dans l’ivresse
Au grand bal des cocus, le prix de la paresse.

Ce pays de culture aime les bonnes mœurs
Et il s’enorgueillit des outrages charmeurs ;
Les ploucs, les plus nombreux, feront beaux macchabées
Les nantis épargnés, les divins scarabées.

On peut commémorer, évoquer les moulins
Les héros calcinés, les sombres margoulins,
L’important n’est-il pas de plier la racaille
Qui devra se soumettre à la dive flicaille ?

Depuis la nuit des temps, les uns ont le pouvoir
Et l’argent, le confort, quelquefois le savoir
Les autres (valetaille) apprécieront les miettes
Ravis de bonne foi d’admirer les paillettes.

Ce n’est pas évident de glander hébété,
De croire au boniment sans paraître embêté,
Il faut la belle dose, un surcroît d’ânerie,
D’aucuns oseraient dire : « Etat de connerie ».

C’est qu’il vit « nettoyeur » ce crétin tant jaloux
(Un égo sans égal), il hait pire que loups
Tout ce qui lui ressemble, il mettra tout en œuvre
Pour briser un talent en fuyante couleuvre.

Ainsi le laid boulot s’accomplit sans émois,
Le tordu, le bancal ôte son siamois,
Pour le prix de la honte il aura sa breloque
Et tout le fier au front, c’est presque un Amerloque !

2 septembre 2016
« Perfides utopies »
Jo Cassen
Tous droits réservés



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