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L’ANGUILLE

Que j’aime te pêcher, ma chère
Aux heures tièdes de l’aube,
Quand tu sors de l’eau, entière,
Comme si l’on ôtait une robe !

À travers la brume, je te vois palpiter,
Au bout de ma ligne, la peau toute moite
Bistre et luisante,
Comme une envoûtée !

Et, à peine je te prends dans mes bras,
Monstre des abîmes, froide et généreuse ;
Ton étreinte est déjà un souvenir lointain,
Ne laissant que sueur engluée et ténébreuse.

Ton baiser à la saveur d’une morsure :
Électrique, et que j’aime ;
Et qui est tout le temps le même,
Que j’en oublie le dernier martyr !



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