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L’antan oublié

Mes doigts gelés autour de la tasse de café,
Me rappellent la froideur des hivers passés,
La bise qui s’infiltrait dans mes chaussettes trouées,
A l’école de la vie, le poêle sentait le charbon brûlé,
Mes mains rejoignaient celles des autres,
Nos joues rougies et nos yeux d’apôtre,
Nous faisaient rire en silence dans la classe,
Avec la crainte qu’une baguette nous chasse,
Vers le coin où le bonnet d’âne attendait serein,
De choir enfin sur la bonne tête en chagrin,
Et ceux qui cachaient bien de regarder en face,
La maîtresse qui désignait du doigt la place,
Du prochain pantin qui briserait son silence,
Yeux baissés, épaules courbées, pénitence,
Petits écoliers d’antan n’avons rien oublié,
Des règles du respect, des droits et des libertés,
Mes doigts gelés autour de la tasse de café,
Cinquante ans plus tard se sont réchauffés,
A l’idée que peut-être le monde changerait,
Aux coutumes des bonnes civilités, reviendrait,
A l’école de la vie où on m’a enseigné le bien,
L’écriture, la lecture, l’écoute, le partage du pain,
Les cahiers sans fautes, notés à leur juste valeur,
En mal, assez bien, bien, très bien, dur labeur,
Aux parents qui n’avaient aucun droit de contester,
Ni de pointer du doigt le juste bourreau des dictées,

C’était l’école, la vraie,

A la craie,
A la plume,
A l’encre,
A l’encrier,
Au tablier,
Au coin,
A la baguette,
Dans le respect.
L’heure de la récréation a sonné.

L’ANTAN OUBLIE © Copyright 2016 Sylvie Badi



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