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Larmes acides

Adosser contre la muraille rouillée je regarde la marche de mes souvenirs
Je visionne une à une les pages de mon album au vent souffle l’automne
Je reste les yeux grands fermés face au vent qui aspire toutes les photos
Au loin rouge feuille tourbillonne en chute libre portée par l’inspiration
Comme les mots tombe la plume d’encre inscrivant le pouls de mes fantasmes
En ombre mes doigts fusain effleurent tes courbes créent ambiance sépulcrale
Glissent malicieusement sur ta corde créant bande sonore à la plainte violoncelle
Autour des pierres tombales dansent en ronde enfantine les fous pantins disloqués
Tournoient ces marionnettes hallucinantes en longue valse au pas saccadée
Ces silhouettes troubles feu en grandes fêtes devant le projecteur pleine lune
Personnage captivant belle Ariane dont le fil ombilical vient de l’abandonner
Elle reste le corps blanc allongé à la peau laiteuse d’une attirance chagrin d’amour
Sur le lit d’épousailles se déshydrate feuilles mortes multicolores froissées
Qu’elle arrose en larmes au matin ruisselle sur ses joues gouttes de rosée bleue
Visage fardé d’antan comme une poupée de porcelaine en vitrine de magasin
Drapée d’une longue robe nuptiale défraîchie fragile en papier de riz Orient
Où s’impriment tous les mots de mes souvenances nocturnes passées ensemble
Je visionne image par image l’écran fluide qui drape ton corps presque nu
J’effleure de mes mains mémoire en aveugle sur la pointe de tes seins pointus
Je tremble de l’intérieur comme suite grand frisson de fièvre tendresse passé
Ferme longuement les yeux écoute ta peau tatouée pour lire poème haute voix
Tous ces mots épiderme chair de poule tailladent mes sens avec douce volupté
Face contre la muraille rouillée par mes pleurs acides ce dissout souvenirs…

Michel Jetté
image: deviant.com



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