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Au début il y avait le ciel pour cueillir les yeux
l’eau douce embrassait les lèvres et
la terre accompagnait les pieds
puis le ciel se colora
d’or et d’acier
étincelles dans les yeux
l’eau se troubla
d’acide sulfurique
grimaces sur les lèvres
la terre s’enflamma
la vie brûlée sur pieds
en fumée effilochée
du ciel les rapaces
fondent sur les crânes blanchis
et picorent les figues
laissées dans leurs orbites veuves
par les yeux orphelins de larmes
l’eau s’empourpre
de baisers d’adieux
sur les lèvres sanguines
la terre déroule
ses ombres menaçantes
sur les collines émeraude
percées de coquelicots
flétris sous les pieds cloutés

le ciel agonise à l’horizon
en soleils bondissants
qui aveuglent les yeux
l’eau s’évapore
et expire en gazouillis
sur les lèvres gercées
sur son piédestal
la statue de la liberté
avorte de fœtus
pierres calcinées
dans le cimetière cendré
de la terre
un cerf-volant bleu accroche
un coin de ciel à un arbre
les yeux pèchent des étoiles
les lèvres murmurent un secret
au courant d’une source
d’eau cristalline
assise
au bord du précipice
les pieds ballants
une enfant portant
l’avenir en elle attend
la naissance d’une paix

Robert Marois – L’art de la guerre



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