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L’aveugle
Fait-il jour ce matin, auprès de la rivière ?
Est-il beau le jardin du côté des lisières ?
Moi, j’entends mon chagrin se briser sur la pierre
Et le vent qui se plaint auprès du cimetière.
Je ne vois ni les fleurs, ni les champs, ni les blés,
Et mon cœur est en pleurs au fond de la vallée.
Si mes yeux par bonheur, pouvaient voir et aimer
La lumière, les couleurs, les oiseaux, la rosée.
D’une canne blanche, je m’avance en chemin.
Je pleure en silence, sur mon regard éteint,
Maudissant la vengeance de ce noir dessein
Qui perle de mes larmes un visage sans tain.
L’écureuil, de sa parure de soie revêtu,
Caresse du regard l’étoile dans les nues
Apportant dans mon cœur, ce frisson inconnu
D’un tableau idyllique a jamais disparu.
La frêle hirondelle, en secret m’a contée
Qu’aux portes du printemps sous les doigts de la fée,
Naissait un bel enfant dans le cœur d’un bleuet.
J’ai souri gentiment, l’oiseau s’est envolé.
Si un jour, d’une fleur naissait un chevalier,
J’aimerais que, sans peur, il vienne me chercher,
M’emportât sur Pégase, son cheval ailé,
Qu’il m’offrît la douceur et le bonheur d’aimer.

Hélène Mouflin



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