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Du petit bal perdu aux galas à la cour,
Nous usions les parquets où valsent les amours,
Tant la danse qui tourne et revient sur ses pas,
C’est le temps qui s’en vient, c’est le temps qui s’en va.

Béart nous emmenait danser chez Temporel,
Où nous retournerons pour le bas de ton dos,
Qui se prête si bien aux mains de Nougaro,
Dans le ballet secret des enfants naturels.

Je reprendrai le crayon noir de nos dimanches,
Pour retracer ma vie à l’envers de tes cuisses,
Comme un bas qui s’enfile, un bas où tu te glisses,
Pour un tournis charnu qui affole nos planches.

Car de ce bal monté pour un accordéon,
Ne restent dans mon cœur que nos yeux dans nos yeux
Et le monde en cyclone autour de nos chansons,
Par trop de Verchuren, par moins de couvre-feu…

Dans ta jupe plissée et mon habit austère,
Nous n’irons pas enténébrer le bal des Lazes;
À la merci de leur noblesse et de leurs phrases,
Nous danserons plutôt au son d’un limonaire.

Le paso doble et la java ont des façons vulgaires:
Si c’est bon pour Sardou et ses bals populaires,
On n’en veut pas chez les gens biens et chez les riches …
Il nous faudra sans doute apprendre la matchiche.

Le beau Danube aurait-il gardé tant de bleu
Sans les salons de Vienne et leurs violons de feu ?
Doit-on numéroter les valses de Chopin
Pour ne pas abîmer le cuir des escarpins ?

Après le bal de Prince au château de tes rêves,
J’ai gardé ta chaussure et ce bas qui s’enlève.
Je viendrai te les rendre à la Sainte Chapelle
Et pour aller danser, tu seras la plus belle.



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