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Un jour, tout se termine et c’est un peu la nuit,
Le dernier courant d’air ressemble au dernier souffle,
Et s’enfuit l’avenir tout au bout de l’ennui.

Banal itinéraire, il laisse les pantoufles,
Cette froide épopée inutile et sans goût
Oblige seulement à chausser quelques moufles.

Un hiver gris et blanc, on bâillonne grigou,
Il nous a trop usés en vaines sérénades,
Respirez le silence où s’arrête bagout.

Et l’on ne pleure pas, nulle pantalonnade,
-« On l’aimait, il nous manque, ô le sort est cruel ! »
Qui croirait en l’instant à la triste panade ?

Personne ! C’est heureux, car l’écho factuel
Vous renvoie une image, un reflet qui désole,
L’artifice du vide habille cultuel.

Depuis longtemps déjà, chacun sa camisole,
Pour lutter contre tous et tel sage avancer
Agit sous traitement, -« Merci le pyrazole. »

Le forcené toujours oblige à compenser
A détourner regard, voire étudier posture
Parce qu’il est très fort, soit dit sans offenser.

Vous ne lui devez rien de la belle nature,
Vos efforts, vos talents, ces mérites par cent,
Sont à vous, bien à vous, et non à l’imposture.

Vous ne lui devez rien, non, rien de renversant,
Ce qui vous appartient, (ces biens sans héritage),
Procède de vous-même, et de votre oeil perçant.

Vous ne lui devez rien, vous n’êtes pas otage,
Partout, par monts et vaux, vous avez agi seul
Alors, pourquoi soudain remettre en ballottage ?

Sans peur et sans reproche, au pied de ce linceul,
Plastronnez, paradez, rêvez en solitaire…
Et crachez dans la soupe, au-revoir à l’aïeul.

La si belle chanson, vous ne pouvez la taire,
Elle enchante la vie et bâtit les remparts,
Et toujours en devoir, chante velléitaire.

D’aucuns vous flatteront en ce jour de départ,
Ils clameront très haut, vos vertus, la science
Pour peut-être espérer, l’insigne quote-part.

J’en connais même aussi qui parlent clairvoyance,
Ivres de jalousie ou d’un mièvre intellect,
Qui n’ont pas reconnu chez l’autre la vaillance.

Il est beau, juste et grand le nombril de l’affect
L’égoïsme jaloux de votre cœur est maître ;
Sans doute porte-t-il un réservoir abject.

Vous aimez tant la vie et voulez le bien-être,
Votre sérénité s’accommode toujours
De cette indifférence à qui vous a fait naître,

Vous êtes un crétin ; je ne dis pas bonjour.



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