Partagez

LE CHIEN ASSIS

Tu me croyais debout comme un guerrier de Malte,
Que sa promise attend, que son amour exalte,
J’étais ton Caravage et toi, ma Renaissance,
Mais je donnais le change, assis sur ma patience.

Tu me croyais debout comme un totem osé,
Où ligoter tes mains avec un peu de corde,
Au nom de Manitou et du dieu des croisés,
Mais je m’étais assis sur ma miséricorde.

Tu me croyais debout sous un jour jarretier,
Comme un bœuf de labour, comme un cheval entier,
Insensible à tout mal et à toute souffrance,
Mais je donnais le change, assis sur ma crédence.

Tu me croyais debout sur mon chemin de croix,
Défaillant, relevé dans les douleurs qui tordent,
Redressé, succombant sous un fardeau de bois,
Mais je m’étais assis sur ma miséricorde.

Tu me croyais debout à lire ton psautier,
À suivre ton office en regardant ta danse,
Je n’y tenais tant plus en caressant tes pieds,
Que je m’étais assis sur l’Ordre et la Décence.

Tu me croyais debout, planté devant les loups,
À jouer les Téméraire, à repousser les hordes,
Pour t’épargner le fiel et les chagrins-garous,
Mais je n’étais qu’assis sur ma miséricorde.

Tu me croyais debout, campé dans mes croyances,
Infranchissable et dur en moine hospitalier,
Mais mon amour pour toi poussait en espaliers
Et j’avais dû m’asseoir sur mon outrecuidance.

Je te croyais debout dans la rage et la grogne,
Toutes griffes dehors en fauconne insoumise :
Et j’aurais bien appris le flamant, la cigogne,
Pour devenir alors ton Saint François d’Assise.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5 sur 14 votes