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Une ville comme une autre, une rue comme une autre,
Un trottoir comme un autre, un hiver comme un autre,
Un chien est allongé, ça n’a rien d’anormal,
Il regarde son maître, il ne fait rien de mal.

Il regarde son maître, qui lui ne bouge pas,
Et dans les yeux du chien on devine un tracas,
On dirait que le maître s’est endormi ici,
Sur ce bout de trottoir, le chien sent un souci.

Le chien lèche la main, la main de la caresse,
La main ne bouge pas, la main de la tendresse,
La main ne bouge plus, le chien sait à présent,
Il regarde les cieux, un tout petit moment.

Il regarde les cieux, cette étoile qui passe,
Cette étoile filante l’inquiète et le tracasse,
Il sent que c’est son maître qui lui fait un adieu,
Qu’il s’en va vers ailleurs, autre endroit autre lieu.

Qu’il s‘en va vers ailleurs, mais seul, et sans son chien,
Et le chien qui comprend qu’il n’y a plus de lien,
Que son maître est parti vers un monde meilleur,
Que son maître est parti, en lui brisant le cœur.

Et la nuit est venue, sur la ville, sur la rue,
Et puis elle est partie comme elle était venue,
Sur le trottoir un homme, il dort pour un toujours,
Et à ses pieds son chien, qui pleure à ses amours.

Et la journée qui passe, et le chien reste là,
Un hiver comme un autre, ça je l’ai dit déjà,
Et la nuit qui revient, et le froid qui fait mal,
Le chien ne bouge pas, il ne fait rien de mal.

Le chien ne bouge pas, il ne bougera plus,
Un trottoir d’une ville et un bout de talus,
Dans le ciel une étoile qui passe lentement,
Le chien rejoint son maître, et le chien est content.



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