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LE CRÉPUSCULE DE L’ÂGE

À ma Grand-Mère

Les cryptes du visage que la vieillesse chatouille
S’effrangent sur cette femme comme sur un vieux nuage.
Une larme qui ondule sur sa pommette, verrouille
Le soleil de ses jours dans la prison de l’âge.

Sa vue se brouille, les bruits s’embrouillent, son corps se rouille,
Et dans leur vase, les roses se fanent comme un présage.
L’ennui vadrouille, ses lèvres bafouillent et restent bredouilles,
Pourtant la vie et le courage lui rendent hommage.

Je la borde, la cajole et remonte l’oreiller.
Je lui glisse quelques mots afin de l’apaiser.
Je dépose sur ses lèvres la cuillère du dîner,
Tout comme elle le faisait lorsque j’étais bébé.

Une pluie de souvenirs pour seule compagnie
Remplit bientôt un siècle de sa ligne de vie.
Elle écoute patiemment le rythme du temps qui fuit,
En fixant ses photos dispersées sur son lit.

Chaque fois qu’un enfant l’arrose de son sourire,
La fontaine de jouvence inonde son noble cœur.
Dans ce bonheur commun coule alors le plaisir
Que les rires font jaillir dans une cascade de fleurs.

Son destin est précieux, il est un peu l’âme sœur
D’une bibliothèque lestée de souvenirs,
Ou d’une caravelle emportant la grandeur
Des vestiges du passé vers un meilleur avenir.



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