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De peur d’être en retard, je partis à l’aurore ;
Le jour pointait à peine et tous dormaient encore
Mais je crois bien que tous à mon triste départ
Semblaient dire en sommeil :  » Seigneur, enfin il part ! »
Ainsi, seul je filais pour Paris-Montparnasse
D’où je prendrais coup sûr un train qui sans finasse
M’emporterait là-bas, au bord de l’océan,
A Nantes la jolie, un nouveau Chanaan.
Et pour passer le temps, j’avais dans ma besace,
Dévoré par les vers, un livre bien fadasse :
La Légende d’Hugo sur les siècles passés.
– Un calvaire infernal pour mes yeux angoissés ! –
De vouloir se taper huit cent soixante pages
(En petite police et pas même d’images !)
Il faut être bien fol ou complétement cuit,
Je suis un peu des deux et vous siffle : « cui-cui !! »
Mon Dieu ! Mes pauvres vers ont pris de sa tournure,
De son style et son geste… Oh, le mauvais cénure
Entré dans ma caboche et rongeant mon cerveau.
– Hugo sort de mon corps et roule au caniveau !
Je suis Barat-Vassard, poète incorrigible,
Demiurge mondain à l’œuvre intraduisible ! –



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