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Un loup bileux somnolait de vieillesse.
Atteint de cécité, il broyait du noir !
Quand une agnelle primée vint à le voir :
« Mon loup, rappelle-toi de ta jeunesse !
Tu fis d’une pierre deux coups, je fus orpheline !
Ta cruauté était obscène, je venais de naître.
Un paysan me prit sur son échine.
Il me sauva. Je me plais à le reconnaître !

Mes pauvres parents sont morts de ta barbarie.
Ils aimaient paître, vivre de générosité.
Bêlant gentiment pour appeler Pâris
Ou léchant la main d’un jeune déshérité !
Pauvre sot, tu ne pourras pas expier ton crime !
Tiens, ouvres ta gueule et bois un peu d’eau.
J’ai connu un gaillard que le sang ranime! 
Tu es l’unique matelot sur le radeau ! »
Le vieux loup qui parlait peu, ému
L’agnelle qui s’en alla quérir un prêtre
Un silence passa, puis il y eut,
Un vacarme, un tremblement, le tonnerre.
Et l’éclair qui foudroya la bête !
Morale de cette fable presque parfaite :

méfions-nous du loup qui sommeille.
Et de l’homme à l’envie guerrière!
Préférons le cirque, l’école buissonnière
Au bel enchanteur, qui nous surveille !



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