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De septembre à juillet, je dors dans un garage

Blotti dans le fourreau qui me sert de couchage ;

Parmi les vieux bidons, les relents de vidange,

Je garde ton prénom, en souvenir des anges.

.

Quand arrive l’automne et sa saison des pluies,

Je suis jaloux de mon cousin le parapluie,

Qui te protège aussi d’un toit sans envergure

Et s’égoutte à tes pieds en mouillant tes chaussures.

.

Bien avant Plamondon et bien avant Berger,

Dans ma chanson, j’aurais voulu être une ombrelle,

Pour Auguste Renoir, pour la main d’une belle,

Qui te ressemblerait… avec un négligé.

.

J’appartiens au décor des grands chassés-croisés,

Mais mon plus grand bonheur au fil des transhumances,

C’est d’abriter toujours mon amour de vacances

Au milieu des oyats et de l’huile à bronzer.

.

Comme un garde du corps, je suis marchand de sombre,

Tu es la seule étoile à briller dans mon ombre,

À pendre ton maillot au fer de mes baleines,

À m’incliner sur toi jusqu’à frôler tes peines.

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M’enfonçant plus avant dans le sable de France,

Je prendrai bien racine et ferai frondaison :

Que Brassens me pardonne un arbre à sa façon !

Si c’est un pin, « pin parasol de préférence »…



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