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Il va gaiement à travers les champs
Sa guirlande verte, en son centre serti,
à toutes autres  voies, le différencie.
Lien, jadis incontournable, des diligences.

Il progresse intrépide, insatiable,
A travers le pays, gambade dans les prés,
trace indolent son ruban dans nos contrées,
longue histoire que ce sentier vénérable.

Il imite les lacets d’une rivière sinueuse,
Longe un canal à allure silencieuse.
Emmène les ânes le long du fleuve,
tirer les gabares , dures épreuves.

Parfois se trompe et ne mène à rien.
Mais tenace, il retrouve son chemin.
Il monte les vallons, escalade les pentes.
Courageux par tout temps, il arpente.

Il Gravit solitaire la montagne,
sous la forêt puis découvre l’alpage.
Dans ses hauteurs toutes de froideurs,
dissimule des merveilles, splendeurs.

Au sud, il sent le thym et le romarin,
Sillonnant les bords de Méditerranée,
Sous la canicule, Sainte Victoire, provençale,
Sous le soleil cathare, histoire occitane.

Traverse l’ouest et sa douceur angevine.
Il rejoint les révoltes Vendéennes,
S égaye à l’odeur des vignes bordelaises.
porte le béret à la mode basquaise.

Il est contrebandier en bord d’Iroise
Sur le sentier des douaniers, brestoise,
Submersible au passage du goix.
A Saint-Michel ouvre à marée basse, la voie.

A l’est, est devenu légende,
la voie sacrée, Verdun, la sanglante.
Il est héroïque au chemin des dames
Révoltés, fusillés, soldats en larmes.

Au nord dans l’épaisse brume, froideur
sonne sombre le carillon du beffroi,
Sous les terrils, la peur du grisou, l’effroi,
il passe avec fierté, saluant les mineurs.

Mystique quand il mène à Compostelle.
Croyant curieux garçons et jouvencelles,
De terre, sable et de rochers parfois
Il use les semelles de tous ces gaulois.

Il guide pèlerin et randonneur,
enchante serein le marcheur.
Il respire le fort, la suée, transpiration,
Écoute plaintes, remords, exaspération.

Témoin de leurs pensées, rêves, regrets
Console silencieux, réconforte au gré.
Il renonce à la vitesse du bitume, routes,
préfère l’école buissonnière sans aucun doute.

Il prend son temps, libertinage,
Découvrir sentir  le nature sauvage,
Loin de la pollution en toute quiétude
Oublier un instant les servitudes.

Écouter le silence, sentir le vent, drôle,
la buse de son cri d’effroi, piaule,
le merle coquin babille gaiement.
La mésange fofolle zinzinule amusant.

Sentir La pluie tombée, effluves, fraîcheurs
De doux parfums se laisser enivrer, bonheur,
Fleurs des champs, papillons colorés,
Éden sur terre, s’émerveiller de sa beauté.

Toi le marcheur solitaire,
Dans ce monde si précaire,
Prends le petit chemin 
Suit à sa mesure son dessein.

Profites du moment, volupté,
Évites les raccourcis, fidélité.
Renonces aux grandes routes, facilité.
Observes discret , modeste, humilité.

Apprends l’effort, surmonter la souffrance,
Prends le petit chemin, cette récompense.
Par ses détours, l’Éveil lentement atteins,
Suis ton bonheur c’est le chemin.



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