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Seuls les cœurs de citron sont pressés d’en finir:
Renaîtront-ils lors de printemps épépinés
Dans un paradis jaune avec des vahinés ?
Comme si l’amertume était un élixir !

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Seuls les cœurs de marrons sont glacés à jamais

Dans un amour confit, dans un hiver en mai :

Revivront-ils pour toi dans un sirop de pleurs ?

Comme si le chagrin apaisait la douleur !

 .

Seuls les cœurs d’artichaut s’en vont de pile en face :

Reverront-ils un jour les tableaux qu’ils effacent

Dans leur exode étrange et leurs façons volages,

Comme si l’inconstance était  un maquillage ?

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Seuls les cœurs d’avocats se partagent les torts :

Qui sait s’ils sont vivants et qui sait s’ils sont morts ?

Referont-ils leur vie après les plaidoiries ?

Comme si le divorce ouvrait ta lingerie … 

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Seuls les cœurs de piment gardent leur feu sacré,

Loin des billets trop doux et des palais sucrés :

Ressusciteront-ils quelque prince charmant,

Comme si l’attirance était un condiment ?

.

Seuls les cœurs-de-pigeon sont cueillis sur tes branches,

Croqués à même l’arbre, écrasés sur tes hanches :

Rougiront-ils aussi les pans de ta chemise,

Comme si l’existence était une cerise ? 

.

Seuls les grains de raisin sont foulés par tes pieds,

À demi retroussée, à demi vendangée :

Répandront-ils en vin nos sèves mélangées,

Comme si  le bon Dieu était un tonnelier ?

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Seuls les jus d’abricot sont issus du désir,

Pour de l’amour à faire et des matins à jouir :

Recherront-ils de toi, de tes sources d’automne,

Comme si l’abondance était un Petit Rhône ?



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