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LE POETE MAUDIT

Il avait ce maintien de poète maudit
Qui souffrait chaque nuit de cette médisance
Qui s’enflait chaque jour et, sa désespérance
Le tenait éveillé, étouffé de non-dit.

L’Impossible retour des amis de naguère
Le rendait conscient du vil bannissement
Du cercle de jaloux et cet évincement
Le laissa interdit car s’y attendant guère.

Apprendre d’un seul coup par tous les vils menteurs
Que les faits inventés étaient faits pour lui nuire
Il ne sut au moment, plus un mot à leur dire,
Car comment désarmer le méfait des rumeurs.

Il ressentit soudain ses jambes en flanelle
Par le sang déserté de ce grand coup au cœur,
Mais pas un seul regard n’adoucissait sa peur
De devoir tout quitter pour une brocatelle.

Désireux d’exister dans l’association
De poètes férus de talent égotiste,
Il espérait pourtant qu’on le traite d’artiste
Tant il partageait fort leur même passion.

L’harmonie pourtant n’était que de façade,
Car bien aride était le règlement du lieu
Où l’on se rassemblait. derrière L’Hôtel-Dieu
Dans un bar enfumé, où fusait la tirade.

Les vertes réparties, lancées ce jour- là
Lui firent plus de mal qu’une grave blessure,
Car comment se guérir de cette forfaiture
Quand ses amis d’alors, ont un tel postulat ?

Marion la servante à l’allure féline
Qui avait suivi les conversations
Courut à son secours devant les émotions
Qui rougissaient le front, de l’homme qu’on débine.

Il sentit dans son cou un bras qui l’entourait
Et une main glissant dedans sa chevelure
L’extraire en un instant loin de cette torture
Dans ce geste amical, qu’ému il savourait.



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