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Le port de mon être.

C’est un petit port au coin d’une calanque blanche qui sent bon le romarin. Un havre de paix baigné d’un soleil  torride abrite camouflées sur l’écorce des pins, les cigales, chœurs d’un été satin. 

Une jetée pour ultime rempart contre les assauts violents d’une mer colérique dresse humblement ces rochers aux vagues tourments homériques. Les esquifs fragiles sortent imprudentes aux vents changeants des saisons. Les rochers blancs du calcaire vaillants plongent dans le bleu profond des abîmes menaçants. La brise paisible glisse sur les eaux chaudes immobiles qu’un souffle mauvais, jaloux de cette plénitude  agitent soudain de mille creux, fracassant la coque fragile de nos Âmes, frêles vaisseaux,  contre les récifs émergents, fatals écueils de la vie. La paternité est comme ce petit port, protecteur de notre descendance. Les bateaux partent un jour, libres, naviguer dans l’existence, cette inconnue marine.

 Aussi loin que la jetée le porte, le père accompagne ces petits. Il a  gréé le navire, indiqué  un cap,  gonflé  la voile. Mais le capitaine du bateau vogue là où la destinée le porte, bancal . Le père  reste sur son port et bientôt heureux, il distinguera sur l’autre rive, la jetée d’une autre escale.

Papa tu n’as pas eu le temps de bâtir une belle jetée, parti  trop vite, et dans les abysses disparu. Des années durant, j’ai cherché ton port le long de mes côtes escarpées, découvrir  en vain l’abri paternel. 

Je l’ai trouvé enfin, la résilience pour boussole. J’aime souvent revenir à  ton escale pour réchauffer  mon cœur chagrin, goutter aux embruns de tes bisous câlins, me faire gronder avec ton ire tempête, entendre le vent de ta voix sermonner mes défaites. 

Oui encore une fois,  m’abriter  dans ce port, partager tes aurores, tout cet amour, et repartir conquérir un trésor.



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