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La Lune dardait ses longs rayons d’argent,
Empêchant les étoiles de transpercer les cieux.
Au rebord du monde, seul et silencieux,
Sur une dune perché, reposait son tourment :

« Daphné, fille de Pénée, ravisseuse de Vénus,
Saisis-toi de mon cœur, transporte-le aux Dieux.
Colombe, tes ailes battent, reçois mon angélus,
En cette nuit langoureuse, je lui fais mes adieux ».

Ne songeant que le ciel entendit sa complainte,
Son visage plongea dans le creux de ses mains.
« Pandore, as-tu laissé de l’espoir aux humains ?
Prométhée, je t’implore, prends cette flamme presque éteinte… »

Mais soudain, le sable se creusa sous son tarse,
Enfouissant dans le sol jusqu’à sa moindre peine.
La Terre toute entière vibrant avec ses veines
Fit voler dans les airs les poussières éparses…

Âprement, sur lui, les astres s’illuminèrent.
Puis sifflèrent les vents sur la face des monts.
Eole ! Est-ce toi en ce grand tourbillon ?
Une voix s’éleva des abysses de la mer.

« Mortel, cette femme, continue à l’aimer !
Elle te rend je le sais un amour secret.
Elle n’a pas oublié ces longues heures où discret,
Ton sourire caressa son visage apaisé.

Eternelles sont les joies qui mêlèrent vos cœurs… »
Aussitôt, mille larmes jaillirent des décombres ;
Diane surgit de ses joues couvertes de tâches sombres,
Faisant naître une lueur sur ses pupilles en pleurs.

« Cupidon, pardonne-moi ! Je ne doute enfin plus.
Cours vers elle, mon Dieu, transmets-lui mon baiser !
Notre amour est si grand, nous n’avons pas vécu.
Fais renaître en son âme le pouvoir d’aimer ».

Stephane MEURET
Copyright 2017



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