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LE PRISONNIER

Bien sûr la lune brille au dehors
Les étoiles clignent quand je m’endors
Bien sûr, le soleil brille encore…
La grande croix de ma fenêtre
En ombre sur le mur se projette
A l’heure de la nourriture
Une main se tend par un trou dans le mur.

Et le temps passe
Cerné de rapace
Plus mort que vivant
Plus rien devant…
Bien sûr, dehors les hommes sont assis,
Il y en a même qui rient,
Peut-être pour s ‘apporter l’oubli…
Des regards se croisent, on ne se dit rien
Ou, lorsqu’on rentre, simplement «à demain »…
Reste le bruit des portes qui se referment
Et plus rien d’autre que quatre murs ternes.

Dans le silence, allongé sur le lit,
Je rêve aux jours d’une autre vie :
D’un grand hêtre rouge au milieu d’un champ,
Des blés de l’été caressés par le vent
Et de mon village au milieu de la plaine
Où les hommes ne connaissent ni frontière ni haine
En regardant leurs mains au bout d’un jour de peine.

Aujourd’hui, mes ongles se cassent sur les murs
Et il m’est difficile de respirer l’air pur…
Même réfléchir devient dur
Lorsque l’espoir est vain, que tout vous abandonne
Quand rien ni personne ne pardonne
L’erreur, la faute ou le sang versé
Qu’un instant de folie paye de perpétuité…

Vous, les hommes de loi, tout habillé de mort
Quand vos manches s’envolent à l’envers du décor
N’avez-vous jamais, plus que moi, des remords
En croisant le regard de votre condamné…
Lorsqu’une seconde devient l’éternité
De quatre murs clos et privés de lumière…
Etes-vous donc des Dieux pour décider de l’enfer !



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