Partagez

Tu es un paysage enrobé d’horizon,

Baigné de lune et de soleil en alternance,

Impunément une autre, une autre en permanence :

Tu sourds de Vivaldi par les Quatre saisons.

.

Tu es un paysage ignoré par le temps,

Comme un peu d’éternel quand j’ouvre ma fenêtre,

Où s’envole mon cœur, où mes yeux s’enchevêtrent :

Tu me rends belvédère au-dessus de tes champs.

.

Tu es un paysage infiniment troublant,

Une marine à peindre où vont mes cormorans,

Découchant de soleil sur une mer sans fin :

Hérédia n’est plus là, mais ton soir est le sien.

.

Je peins en paysage et jamais en portrait.

En Vénus d’Urbino, en odalisque vierge,

Je t’étends sur le sable avec un manuterge,

Si j’en étais marchand, tu t’y endormirais.

.

Tu es un paysage échauffé par l’été,

De messidor à fructidor incandescente,

Je te récolte à pleines dents, à satiété,

Et je te vois aimante en religieuse mante.

.

Tu es un paysage ennobli par l’automne,

Blason d’or et de sang adoubé d’amour fauve,

J’irai quérir ton Graal pour peu que Dieu m’en sauve,

Crois-en ton bouquet roux ! Crois-en ma pauvre aumône !

.

Tu es un paysage inventé par l’hiver,

Te faisant mon avent en attendant Noël,

Et  tu m’offres du blanc, et tu m’offres du ciel,

Par tes vaux dévoilés, par tes monts découverts.

.

Tu es un paysage imprégné de printemps,

Mon vivant renaissant, mon amour renouveau,

Mille fois primevère au jardin débutant,

À jamais commençante au réveil des oiseaux.



Veuillez noter :

Envoi...
Total :
5.19 sur 2425 votes