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LE SAGE

Il aimait bien parler aux arbres
Les déluges de grêles le laissaient de marbre
Le crépitement des perles de glace
Attisait sa joie ; il est de la race

De ceux que la musique de la nature
Enchante, comble le cœur de son murmure.
Il avait dû souvent faire preuve de courage
Lorsqu’il partait à l’aventure pour un long voyage

Sur le pont de bois du blanc voilier
Il luttait, seul contre les éléments déchaînés.
Quand la tempête se calmait, il noircissait les feuilles
De son carnet de route, narrant les écueils

Qu’il avait surmonté pour gravir sa montagne
Faire le tour du monde, l’écriture pour compagne
Dans les haubans, jouer les funambules
Du lever du jour au crépuscule

Entre ciel et mer, il oubliait tout
Solitaire comme la veuve éplorée
Il jouira de la vie jusqu’au bout
Et quand il rentrerait au port, exténué

Ce serait pour retourner enlacer
Son arbre. Il lui avait tant manqué !
Il poserait son front sur son écorce inégale
Et la trouverait douce, velours végétal.

Il vivait heureux même solitaire
Entre les arbres et la mer…



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